samedi 20 juin 2009

Périple 2009 : La transversale du Flou

Un périple peut en cacher un autre.

Alors que demain ce sera l'été,
Alors que le Cned vient de lancer l'académie en ligne,
Alors que l'équipe du marathon Poitiers-Futuroscope prépare l'édition 2010,
Alors que les copains du Pec (dont Florence) peaufinent leur préparation au TGV et à l'UTMB,
Alors que d'autres travaillent tout simplement où se reposent,
Alors que le(s) jardin(s) demanderaient des soins quotidiens,
Alors que des petits travaux dans la maison sont toujours en suspens,
-----
Alors qu'il tarde à Florence d'être en congés,
Alors que son travail (elle se lève à 4h45 et travaille souvent jusqu'à 15 h00....) et sa préparation du TGV (5 séances d'entraînement par semaine) commencent à être difficile à assimiler au risque d'entamer son énorme capital de courage et de volonté.

moi, j'ai décidé égoïstement de refaire un périple vélo et de l'abandonner là,
à ses préoccupations quotidiennes,
avant qu'elle ne me rejoigne à Pralognan dans 1 semaine.

Heureusement notre grande fille Audrey revient de Malte mercredi prochain et notre Doriane reste pour veiller sur sa maman pendant mon absence.

Cette année le périple donne dans la transversalité.

Du Poitou aux Alpes, c'est plein EST que ce périple va me mener en suivant encore cette année les itinéraires concoctés par Via michelin "option vélo".

C'est donc sur un parcours encore tout en découverte que je vais me lancer demain, dimanche matin 21 juin aux aurores, sur des routes oubliées par les automobilistes pressés que nous sommes en général.
Seules les villes d'étape ont été choisies en fonction des hébergements que je pouvais trouver sur cette transversale.
J'espère découvrir encore cette année des petite routes inoubliables comme ce fût le cas à maintes reprises en 2008.

Si le périple 2009 est plus humble que celui de 2008 qui avait duré 2 semaines pour 1 670 km alors que cette année je ne ferai que 630 km sur 5 jours, cette fois ci c'est à de la montagne que je vais m'attaquer.
Bien entendu, ça n'a rien à voir avec l'extraordinaire
aventure dans l'Himalaya de l'ami Philippe

où il a gravit un 8 000 m : le Manaslu.

Je vous encourage vivement à aller visiter le site Himalaya pour toi où les détails de cette aventure exceptionnelle à plusieurs titres est relatée.

Pour fêter mes 50 ans, moi mon rêve c'était 1 vélo, toi Philippe c'était de te faire un 8000....

On a décidément pas les mêmes valeurs, et je n'ai pas ton courage et tes aptitudes montagnardes. Je suis vraiment admiratif pour cet exploit, car c'en est un.

Bref ce sera quand même pour moi de la "montagne", mais à ma dimension, enfin je l'espère.

On en reparle dans 15 jours.... après le TGV (Tour des Glaciers de la Vanoise) et une bonne bière.

Le kilométrage des étapes a bien entendu été aussi un critère déterminant pour me ménager des étapes "assimilables" en vue de garder des forces pour courir le tour des glaciers de la Vanoise qui est en fait l'objectif final de cette expédition.

Une semaine de repos et d'acclimatation est aussi au programme sur la dernière semaine de juin que je vais passée à Pralognan où Florence, ma chère et tendre va me rejoindre.

D'ici là, une fois les préparatifs terminés, un oeil rivé sur les prévisions météo, j'enfourcherai mon vélo, mon sac à dos de 8 kilos sur le dos et je filerai plein Est pour cette balade ordinaire où je rencontrerai des gens ordinaires sur des routes ordinaires.
Mais le tout prendra pour moi pendant ces 5 jours un côté extraordinaire que j'essaierai de retranscrire sur ce Blog.

Ce périple n'est pas non plus celui de Joelle que Fifi m'avait fait connaître en 2008 : la traversée de l'Europe d'Ouest en Est - un voyage en vélo et en solo de Montpellier vers la Suisse pour rejoindre l'eurovelo6, et ensuite continuer ... jusqu'à la Mer Noire qu'a réalisé en 2008 Joelle de Montpellier.
Et tenez vous bien, cette année, elle recommence !

Mais dans l'autre sens et ce depuis début mai : départ en bus pour la Roumanie et traversée de l'Europe d'Est en Ouest en roulant tout doucettement vers Montpellier.

Elle a déjà fait à ce jour, la Roumanie, la Serbie et est en Bulgarie.
Excusez du peu !
Chapeau bas, non seulement pour l'ampleur de ce périple, mais aussi pour l'esprit dans lequel elle le fait et la qualité de ses billets.

Son site : Et roule ma Poule !

Nous aussi, François nous avait emmener en bus en Roumaine avec les copains de Loudun et sa famille.
Mais là, c'était pour faire la fête et assister à son mariage : 2 jours de bus aller, 2 superbes jours de fête embrumer pour ma part à la SUIKA (alcool de prune) et 2 jours de bus retour.
Le dépaysement total !
Des chants et des coeurs qui vous prennent les tripes et qui vous complexent à vie, comparés à nos chansons "à boire " de fin de repas.... rivière !
et de superbes souvenirs que nous garderons avec toujours cette gentillesse des habitants et leur hospitalité sans faille et sans limite.

Un petit mot pour Bernard : Et oui Bernard, je parlerai de toi régulièrement pour que de ton Magenta, tu piaffes d'impatience en attendant que tu t'attaques toi aussi aux Alpes fin juillet avec ton coût de pédale assassin pour les petites natures comme moi qui essaient de s'accrocher pour te suivre lors des sorties dominicales en vélo où lors de la "tranvienne 2009 " (parcours VTT de 110 km entre Buxerolles et l’Isle Jourdain) que nous avons effectué en mai dernier avec entres autres Malika, Hubert, Rémy, François, Dominique(Ca Pictave) et bien d'autres, 1 semaine après le trail de l'Ardéchois pour moi .

Je viens de relire les étapes du périple 2008, pour me remettre dans le bain.

Oups, je parle du futur périple 2009 comme si c'était déjà chose faite et facile.
Or, La réalité serait peut-être que j'ai vendu la peau de l'ours un peu trop tôt parce que les quelques sorties vélo faites ensemble n'ont pas été assez nombreuses pour peaufiner ma préparation.

Si mon dilettantisme a du bon de par son côté non contraignant, il a aussi son revers de médaille :
je n'ai fait que 1 000 km de vélo depuis le début de l'année.
Et même si j'en ai couru autant de km à pied sur plus de 100 h, je n'ai fait que 50 heures de vélo.

C'est aussi ce côté incertain qui donne du piquant à ce nouveau périple.

Quoiqu'il en soit, dimanche matin, je "taille la route" et il faudra coute que coute que j'arrive à bon port.
Qu'importe le temps que je mettrai.

L'objectif c'est d'y aller avec mon vélo comme seul moyen de locomotion et d'arriver à Pralognan avec encore un tantinet de "fraîcheur" pour essayer d'apprécier les 72 km du trail du TGV (Tour des Glaciers de la Vanoise) dont une bonne partie se fait à plus de 2 000 m d'altitude.

Demain dès l'aube, à l'heure où blanchie la campagne, je partirai
etc...

Ps : cette année la fonction commentaire est activée sur chaque billet, il suffit de cliquer sur commentaire en haut du billet et une fenêtre s'ouvrira.

samedi 5 juillet 2008

Le final du périple 2008 : La course des crêtes d'Espelette - Trail


05 juillet 2008

Départ à 15 h 30

Distance : 27 Kilomètres

Dénivelé positif 1200 m


Espelette, le 5 juillet 2008,18 h 22

Ça y est, cette fois ci, c’est bien fini pour ce périple 2008, je passe sous l'arche d'arrivée et attend qu'un commissaire flashe le code barre de mon dossard pour enregistrer mon temps.

Ma diagonale du flou se termine donc par un chrono précis : 2 h 52 et 4 secondes.

Ce n’est pas une performance, loin de là ! Le 1er est arrivé depuis 1 heure, mais je suis content de moi. J’ai eu de très bonnes sensations, même si la fin a été massacreuse pour mes jambes. Le vélo est bien complémentaire à la course à pied.

En recherchant les copains dans la foule et en en attendant Florence, déjà dans ma tête se dessinent d’autres projets de trail, de raids et de triathlons qui me paraissent désormais plus accessibles, la préparation vélo remplaçant une grosse partie de la préparation course à pied habituellement très éprouvante pour mes articulations fragiles. Pourquoi pas à nouveau un marathon en essayant d'améliorer mes 3 h 27 de Paris. J'envie Christian , Thierry, Eric, Didier, Maryse, Stéphane Jacky et toutes celles et tous ceux qui vont cet été aller se frotter au petit ou grand mythique UTMB (tour du Mont Blanc).
Doucement François, après les grosses cuisses, voila la grosse tête qui Te prend !

Pour l’instant, je savoure ce final et me décide enfin à regarder dernière moi par-dessus mon épaule, pour voir le chemin parcouru depuis Iteuil et revivre sur le blog ce périple au petit goût d’aventure.
Cette diagonale m’a non seulement permis de vivre de superbes moments en passant dans tous ces magnifiques départements, de raffermir des liens d’amitié, mais aussi de gravir sans complexe la courbe du dénivelé des années et de passer la cinquantaine, non pas sur une courbe descendante mais plutôt ascendante. (pourvu que ça dure)

Ce blog a aussi été l’occasion pour moi, taiseux de nature et cycliste dilettante, de tenter de formuler, d’exprimer et de fixer par écrit les sensations et impressions éphémères que j’ai vécues au fil des jours pour essayer de les faire partager.
Solitaire physiquement sur le vélo, mais en lien permanent avec toutes celles et ceux qui me suivaient et m'encourageaient au travers de ce blog en forme de clin d'oeil à Christian, Thierry et Dominique qui sont allés l'an passé faire la Diagonale des fous sur l'île de la réunion.

- Une météo favorable,
- un parcours via michelin « option vélo » avec des passages extra ordinaires (même si je râlais après quand je m’égarais),
- une fin de mois de juin parfaite avec de très longues journées,
- une nature verdoyante et fleurie après une fin de printemps pluvieuse,
- un vélo en cadeau pour mes 50 ans et une mécanique sans grosses défaillances, (une petite remise en état s'impose un peu)
- une famille, des filles, des amis et des copains qui m’ont soutenu et encouragé
- et surtout, ma chère et tendre, Florence, conciliante qui a su me laisser aller au bout de ce projet, malgré ses appréhensions et a pris en charge pendant 15 jours la gestion matérielle de la maison.

Voilà tous les ingrédients qui m'ont permis de réaliser dans les meilleures conditions MA DIAGONALE DU FLOU 2008.

Au total, 1 670 km, pour 17 632 mètres de dénivelé positif, 17 748 mètres de dénivelé négatif en 112 heures de pédalage, soit 500 000 tours de manivelles, d'Iteuil à Carnac fin mai 2008 puis d'Iteuil à Espelette via Carpentras fin juin 2008

Merci 500 mille fois à toutes et à tous pour ce rêve devenu réalité.
La nuit pour m'endormir, fini de compter les moutons, je compterai dorénavant les tours de manivelles.

Je continuerai bien entendu cet été à boucler mes visites à vélo à toutes celles et tous ceux qui ont participé à mon cadeau, de Poitiers Au Mans, Nouâtre, Chinon, Montlouis, Bordeaux, Saintes, La Palmyre etc..

Encore quelques coups de pédales en perspective avant le 29 octobre 2008.

Biz'a l'oeil et à très bientôt.
François

Accès aux photos classées par ordre chronologique en cliquant sur le lien suivant : Ma diagonale du flou passe par Iteuil
14 départements traversés : Vienne, Haute Vienne, Corrèze, Cantal, Lozère, Haute Loire, Ardèche, Gard, Vaucluse, Hérault, Aude, Haute Garonne, Gers, Pyrénées atlantiques.






Récit de ce final pédestre :

Espelette, le 5 juillet 2008, en début d'après midi.

4 846 trailers, coureurs et marcheurs se préparent dans les rues de la petite ville sous un ciel très bas et chargé de nuages. Ils sont là pour la course des cretes.

La pluie qui a commencé à tomber dans la nuit ne s'est guère arrêtée depuis : crachin et averses en discontinu avec quelques accalmies de très courte durée.

Le matin même, à l'abri sous notre tente au milieu d'un sol détrempé et boueux, le moral était au plus bas pour certains dans notre petite troupe.

Pour ma part, j'envisageais même un instant la déroute et me demandais si j'allais prendre le départ du trail de la course des crètes.
Seul, j'aurai sûrement plié la tente et déclaré forfait.

Heureusement, l'émulation du groupe des copains du Pec, les encouragements de Florence et des copains ont vite chassé ces pensées défaitistes et rallumé tout au fond de moi, le fol espoir de terminer ma diagonale en beauté.

En effet, musculairement, je commençais à être mieux, et j'avais maintenant envie de tester les prédictions de Joël, Daniel et Lulu qui m'assuraient que mes 1 300 km de vélo me seraient bénéfiques pour le trail d'espelette.

Espelette, centre ville, 15 h 25.

je suis dans la masse des traileurs sur la ligne de départ, le crachin recommence à tomber, les montagnes sont dans les nuages. En arrivant tout à l'heure en ville avec Olivier, Carole et Florence, j'ai pris un doliprane 500mg qu'une dame à sa fenêtre m'a gentiment donné quand je lui ai demandé.

La pression monte, la chaleur humaine rend l'atmosphère moite et un peu étouffante, comme à tous les départs de course, où tous les coureurs sont serrés les uns contre les autres, vérifiant les lacets, le chrono où plaisantant avec les voisins pour décompresser.

Espelette, centre ville, 15 h 30.

C'est le top départ, je me relâche, je vois Dominique à ma gauche qui accompagnera jusqu'à la fin Florence et Carole, tel le saint Bernard en promenade dans le pays basque.
Plus loin en passant devant notre camping, je rattrape David qui coach Mehrad.
Je me sens bien mais suis méfiant. En course tout va bien et 15 secondes plus tard tout peut aller mal.

Un couple sur le bord de la route, lui, lui présentant un caillou ou une pièce pour qu'elle le prenne dans la main et se concentre dessus pour oublier sa fatigue. Elle geignant timidement. Quel charlatan, son remède de perlimpinpin, elle n'y croit pas et elle a raison. Au bout de 2 km, alors qu'on n'a pas encore attaqué les difficultés, c'est vraiment la prendre pour une imbécile que de lui faire croire qu'un caillou dans la main peut faire gravir les montagnes.

Jacky me rattrape, on papotte et je lui dis que j'y vais tranquille, mon cardio étant à 154, je ne veux pas aller trop vite avant la longue montée vers le Montdarrain.

1er ravito, je passe.

Petit à petit, mon rythme s'impose de lui-même, j'ai mis le bon braquet, le souffle est régulier et facile, les jambes sont alertes, le plaisir de courir est revenu et moi je n'en reviens pas.

Alors que j'attaque le sentier raviné, Lulu et Annie sont là pour nous encourager. Lulu me lance une vanne pour me détendre et m'encourager : photo. En passant, je leur laisse ma paire de lunettes.

Je n'insiste pas quand la pente est trop raide, je marche et économise mes forces. je grimpe toujours sans fatigue apparente.
Je suis bien, même pas mal aux jambes, je gère.
Un coureur de Vienne Biathlon me double en slalomant entre les coureurs dans ce sentier étroit.
Surtout ne pas s'emballer, ne pas l'accrocher, rester humble avec la montagne, ne pas se laisser entraîner dans ce genre d'efforts inutiles et contre-productifs.

Ne pas se laisser non plus ralentir par des faux rythmes et ralentissements que cette longue guirlande humaine multicolore qui grimpe devant moi provoque par moment.
Arrivé presque en haut du Pic du Montdarrain, c'est à mon tour de doubler le Poitevin sans un regard ni me retourner je passe et continue. Je me sens à l'aise. Je savoure en mon fort intérieur. Le virus de la compète reprend le dessus, c'est ma fierté qui est en jeu. je passe le braquet au dessus et enchaîne sans défaillir.
Juste une petite gorgée d'eau en passant au ravito. En haut après les rochers escaladés, on est dans le crachin et les nuages. Le maillot trempé par la sueur et le crachin me colle à la poitrine et au ventre, glacial !
Courir, ne pas s'arrêter, regarder où je mets les pieds, ne pas hésiter sur la trajectoire, la calculer à l'économe mais sans prendre trop de risques.

Je dévale maintenant dans l'herbe et les cailloux. Dommage que la vue soit bouchée par les nuages, mais de toutes les façons, il faut rester concentré en permanence sur chaque pas pour ne pas glisser, rester vigilant et souple sur les jambes, anticiper, doubler, ne pas perdre l'équilibre, respirer, souffler,laisser un espace de 2 ou 3 m avec celui qui est devant, le regard à l'affût des trous, cailloux, parties glissantes etc...

Séparation des parcours avec d'un côté le 27 km et de l'autre le 19 km que doit emprunter Olivier qui court aujourd'hui son premier trail.

Le sentier sillonne dans les fougères, des pottocks apparaissent de temps en temps sortant du brouillard. Des commissaires de courses sont à cheval.

Après quelques bosses et 4 ou 5 km de petit sentier on remonte sur la montagne pour aller rejoindre à nouveau le parcours du 19 km.

Les montées et les descentes se succèdent et je me sens toujours bien, ravito après ravito, je prends une seule petite gorgée au passage, pour ne pas me charger l'estomac et me gêner la respiration.
L'animation par les fanfares et les groupes est vraiment réconfortante, je les applaudis à chaque fois pour les remercier.

Une longue remontée sur un chemin pierreux. Suit une descente qui tape et résonne dans mes jambes. Elle est là pour me rappeler à l’ordre et me forcer à ralentir un peu afin de ne pas attraper « les grosses cuisses ». Je pense à Florence qui a pris ce départ sans être assez reposée, elle doit en baver comme dirait Lulu.

Longue descente technique jusqu’au fourgon de la croix rouge noyé et caché dans le brouillard puis c’est la descente infernale vers Espelette.
Les muscles des jambes commencent à me faire souffrir sérieusement, mais il faut tenir jusqu’au bout et ne pas relâcher l’effort. Il faut se forcer à lever les jambes pour avancer plus vite. Une enjambée en vaut bien une et demie et pourtant, je me fais doubler par 2 gazelles très souples et relâchées que chaque impact sur le sol n’a pas l’air d’affecter. "Où sont passées les gazelles ?" Je ne sais pas. Elles ont disparues devant moi.

Plus que 6 km.
Une route goudronnée maintenant est sans pitié pour mes cuisses, je dois me forcer à garder ma foulée et ne pas penser à la douleur qui me déchire les jambes.

Restent 5 km, tous les parcours se sont maintenant rejoins depuis un moment sur ces derniers kilomètres et c’est difficile de trouver des repères sur d’autres coureurs pour savoir si je me traîne où si je garde bien mon rythme. Je double marcheurs et coureurs.
Je salue Serge au passage qui descend à fond avec ses bâtons vers Espelette pour ses 13 km de marche nordique. Il me conseille de changer de braquet…. il est joueur .

Mais c'est vrai que je nes suis pas sur le vélo, où il est toujours possible de trouver un petit répit pour récupérer ne serait-ce que 15 secondes. Là, il n’y a pas d’échappatoire il faut donner, et j’ai bien l’intention de tout donner avec générosité comme toujours quand je participe et m’engage sur une course au prix de lendemains très difficiles. Je sais que ce sera le prix à payer si je veux essayer de me surpasser.

Restent 2 km, et c'est un énorme point de côté qui m’oblige à ralentir et à souffler à fond pour le faire passer. Petite frayeur, côté gauche, côté du coeur.... Le cardio n'est plus sur ma poitrine, c'est malin, je l'ai descendu à ma ceinture pour qu'il ne me gène pas. Je me tâte, m'ausculte en continuant à courir pour profiter de l'élan de la descente. J'ai rarement des points de côté, je devais être en sur-régime. Le moteur a du s'emballer dans la descente.

Une petite côte est la bienvenue et me permet de me rassurer et faire complètement disparaître ce point de côté, on entend le commentateur sur la ligne d’arrivée.

1 km de l'arrivée, toujours maintenir l’effort, ne pas se relâcher.

Passage sur la passerelle glissante. Je coupe à la corde pour doubler, je sais que la côte finale m’attend et qu’elle va être impitoyable.

Lulu et Annie qui m'encouragent ! je me redresse (ou plutôt, j’en ai l’impression), je lève les genoux je tire sur les bras.

Photo

Allez encore 400 m, l’équivalent d’un tour de piste, il faut essayer d’accélérer et de finir avec panache.

200 m J’entends Maryvonne qui crie « allez François », c’est le signal dans ma tête, je trouve les ressources pour sprinter jusqu’à l’arrivée.

Temps : 2 h 52 m 4 s
Classement : 373 eme sur 821
Classement par catégorie : 65eme sur 170

Je suis dans la première moitié du classement, l'honneur est sauf !