2011 - Diagonale du flou (partie 5) – Direction L'ANDORRA ULTRA TRAIL MITIC. De ma diagonale du FLOU à l’authentique DIAGONALE DES FOUS, il n’y avait qu’un pas que nous avons vainement essayé de franchir avec Florence le 21 octobre 2010 pour finalement y renoncer à Cilaos...et le regretter amèrement après coup tels des débutants. L'inachevé ne demande donc qu'à être achevé dans nos têtes et dans nos jambes. Rendez-vous en 2012 pour la revanche contre nous-même!
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vendredi 5 novembre 2010
D'énormes remerciements pour vos témoignages de réconfort et de sympathie reçus par téléphone, messagerie ou publiés ici même
3 commentaires - Publier un commentaire ::
Merci par avance pour tous vos commentaires que je lirai avec grand plaisir.
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Et voilà, c'est fait
Biz'àl'oeil
François
Cher François, chère Florence
RépondreSupprimerC’est avec une grande (et nouvelle) émotion que j’ai lu le résumé de votre course sur ton Blog, mon ami François.
Sachez tous les deux, et en ce qui me concerne, que je n’oublierai pas votre texto du samedi matin, pendant la course, qui m’a à la fois tant fait de bien, tout en ayant tant de regrets pour vous… je savais que vous étiez avec nous, d’une manière ou d’une autre.
Pour moi la course fut difficile dès les premiers kilomètres, comme un jour sans, sauf que là ce fut trois jours sans ! J’ai eu des hauts et des bas, comme tous, mais j’ai le sentiment de n’avoir jamais été vraiment dans la course, d’où ce sentiment de frustration, de mal achevé …
Je sais, ce n’est pas à vous que je devrais dire cela, mais il me semble pourtant que vous êtes tous les deux en mesure de me comprendre, et que je peux vous le dire sans aucun tabou…
En descendant du Colorado vers La Redoute, l’ami Gérard m’a demandé si je commençais à prendre conscience de ce qu’il se passait et de ce que nous étions en train d’accomplir… J’ai cherché la joie, le bonheur d’être sur le point de ‘survivre’… en vain ! Au fond de moi, je ne ressentais rien, pas grand-chose disons, sinon la satisfaction de retrouver Marie qui m’attendait depuis bien trop longtemps.
Et puis les derniers virages de la descente qui nous amènent sous le pont, avant ensuite d’entamer le bitume qui nous guidera à la délivrance de la ligne d’arrivée. La joie d’Alain venu à notre rencontre, aussi ému que nous, heureux pour nous… ça fait plaisir !
Mais c’était sans compter sur ta présence François sous ce fameux pont, derrière tes lunettes de soleil qui ne pouvaient pas masquer les larmes coulant de chaque côté de ton large sourire !
Tu prenais des photos de nous cinq, et là, sans aucun moyen de cacher quoi que ce soit, sans aucune retenue possible, tout a lâché en moi et les larmes, à mon tour, n’ont cessé de couler jusqu’à la ligne d’arrivée, en pensant à vous deux. J’ai évidemment remis mes lunettes de soleil moi aussi malgré que l’ami Didier me demande de ne rien cacher, mais au contraire d’être fier et d’assumer ces larmes… Je sais, ça peut vous paraitre bizarre, mais je ne pensais pas à mon imminente ‘victoire’ sur moi-même, je pensais à vous 2 qui n’étiez pas avec nous et qui auriez pu l’être, sans l’ombre d’un doute.
Et si je me lance à vous écrire mon ressenti, c’est que vous êtes un couple, et que je comprends à quel point il doit être difficile de regarder l’autre souffrir et de tenter d’ignorer ce qui se passe, de ne se concentrer que sur soi-même, de ne penser qu’à ses propres douleurs et ses propres doutes... En fait, terminer à deux, en couple, est une double épreuve, et assurément une difficulté supplémentaire qu’on ne peut nous, coureurs solos, imaginer !
suite :
RépondreSupprimerJ’ai eu à ma manière ce sentiment après course, lors d’un sympathique dîner avec Marie à Villa Vanille (petit resto très sympa de St leu) le lundi soir, lendemain de course. J’ai compris à quel point Marie avait souffert pour moi, à quel point l’attente à Cilaos, les doutes concernant mes limites aux barrières horaires, les messages d’encouragement qu’elle me passait, et les appels que je lui faisais en retour lui disant que je voulais arrêter, que c’était trop dur, pas une course pour un ‘petit’ traileur comme moi, pas une course de mon niveau, j’ai compris que j’atteignais mes limites, et que sans Marie m’attendant à Cilaos, je n’y serais peut-être pas arrivé !
J’ai donc compris à quel point, pour réussir, il faut être concentré sur soi-même, pour ne pas dire recroquevillé, et que ce sentiment égoïste est difficile à avoir quand on est deux ! Peut-être que si j’avais su de quelle manière j’avais fait souffrir Marie en lui disant mes doutes et mes douleurs, j’aurais réagi différemment, moins égoïstement donc, et que je n’aurai pas réussi… C’est une épreuve qui finalement laisse peu de place aux sentiments, me semble t’il …
Merci quand même pour les adjectifs que tu m’as attribués dans ton récit … ça fait chaud au cœur, même si je ne me voie pas vraiment comme ça, très modestement … J’ai un gros défaut, je serais bien à moitié perfectionniste et je n’ai pas fait une course parfaite, très loin de là !!! Je ne me suis pas senti vraiment à ma place par moment dans cette épreuve, pas ‘au niveau’ (je sais que Alain et Christian, pour en avoir parlé avec eux, ne sont pas tout à fait d’accord avec ça mais bon …j’assume !) ! On a eu droit cette année à une course plus élitiste, et la preuve en est de ces barrières horaires modifiées en cours de route et du pourcentage record d’abandon et de mises hors course ….
Donc, vous ne devez avoir aucun regret, vous allez rebondir car vous avez appris énormément, et ton récit des plus lucide et des plus honnête le prouve !
Alors, à très bientôt les amis pour de nouvelles aventures !!!
Très amicalement,
Pascal (le guerrier… J)
Bonsoir François et Florence,
RépondreSupprimerC'est sûr qu'en lisant ton récit François et le retour que peut en faire Pascal, je dois dire que je n'avais jamais pensé que la difficulté était double en couple. Souffrir et repousser ses limites et penser aux souffrances de l'autre. Je crois que la tâche est quasi impossible. Il devient nécessaire de faire abstraction et de se renfermer dans sa bulle pour pouvoir surmonter une diagonale des fous. Mais comment surmonter cette diagonale si on doit penser à l'autre et à la souffrance qu'il ou elle endure ?
A mon modeste niveau, lors de mon UTMB, je ne pensais qu'à la ligne d'arrivée (pas franchie :( ) et aux encouragements que j'ai eu tout au long du parcours. Jamais je ne m'étais imaginé que cela pouvait être une souffrance pour l'autre. Un peu de peur pour la nuit, mais comment l'autre peut savoir par quelles étapes mentales on passe lors d'ultra ? Je pense qu'il s'inquiète, qu'il souffre mais il n'y a pas de réel partage. Il y a un soutien. Je ne sais pas si je suis très clair :)
En tout cas, les gars du PEC, je suis content d'en avoir rencontré quelques uns parce que en vous lisant, j'ai vraiment le sentiment que vous partagez des émotions très fortes au delà de la course.
ça donne envie.
Bon vent à vous, l'essentiel est de profiter de vous et du spectacle de la montagne.
Jean, le cycliste, entre autre.